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L'Initiation

L'Initiation: Premiere Partie: Comment Acquerir Des Connaissances Sur Les Mondes Superieurs: Les conditions

On-line since: 17th July, 2006

PREMIERE PARTIE

COMMENT ACQUERIR DES CONNAISSANCES
SUR LES MONDES SUPERIEURS
?

Les conditions

I

l sommeille en tout homme des facultés grâce auxquelles il lui est possible d'acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs. Mystiques, gnostiques, théosophes, ont de tout temps affirmé l'existence d'un monde des âmes et d'un monde des esprits, pour eux aussi présents que celui qu'on peut physiquement voir de ses yeux et toucher de ses mains. Si bien que chacun est en droit à tout moment de se dire: Je puis faire aussi les expériences dont parlent ces hommes, si je stimule certaines forces qui sommeillent encore en moi aujourd'hui. Il ne peut donc s'agir que de savoir comment s'y prendre pour éveiller en soi ces facultés. Ceux-là seuls qui les possèdent déjà peuvent donner des conseils à cet égard. Depuis qu'il existe une race humaine, il a existé des Écoles où des hommes doués de ces facultés supérieures guidaient ceux qui cherchaient à les éveiller en eux. Leur enseignement, et la discipline qu'il impose, sont dits ésotériques ou occultes.

Ces termes éveillent des malentendus, ce qui est naturel; ils donnent, en effet, à penser que ceux qui pratiquent cet entraînement veulent se placer au-dessus de leurs semblables, refusant de leur communiquer ce qu'ils savent. On peut aussi supposer que ce prétendu savoir masque un vide. Car, si son objet était réel, il n'y aurait pas lieu d'en faire mystère: en le répandant ouvertement, on en ferait profiter tous les hommes.

Lorsqu'on est initié à la nature de cette science cachée, on ne peut s'étonner de ces réflexions du non-initié. Pourquoi existe-t-il, en effet, un secret, et en quoi consiste-t-il ? Seul peut s'en rendre compte celui qui a pénétré, au moins jusqu'à un certain degré, dans les mystères supérieurs de l'existence. Mais s'il en est ainsi, dira-t-on, comment le profane peut-il concevoir le moindre intérêt pour ces connaissances mystérieuses ? Comment et pourquoi chercherait-il à connaître ce dont il ne peut se faire aucune idée ? Parler ainsi, c'est poser le problème sous un jour tout à fait faux. Car, au fond, il en est de la science secrète comme de tout savoir humain et de tout savoir-faire. Elle n'est pas plus mystérieuse pour le profane que ne l'est l'art d'écrire pour celui qui ne l'a pas appris: il peut apprendre à écrire quand il en prend les moyens. De même, si l'on suit la bonne voie, on peut devenir un disciple, voire un maître dans la science cachée. A un seul point de vue celle-ci se distingue des autres sciences humaines: on peut se représenter qu'une grande pauvreté, ou un milieu très primitif, puissent empêcher un être d'apprendre à écrire, tandis que nul obstacle extérieur ne saura retenir sur le chemin celui qui aspire profondément à acquérir le savoir et le savoir-faire dans les mondes supérieurs.

On croit souvent qu'il est nécessaire de rechercher en quelque lieu les maîtres de la connaissance supérieure pour obtenir leurs conseils. Mais, en fait, mieux vaut tenir compte de deux choses: tout d'abord, celui qui avance sérieusement vers la connaissance ne reculera devant aucun effort, aucun obstacle, pour découvrir un initié qui puisse l'introduire dans les secrets de l'univers; d'autre part, si son aspiration à la connaissance est aussi sincère que noble, le moment de l'initiation viendra pour lui, dans quelque condition qu'il se trouve. Car à nul esprit qui cherche ne doit être cachée la connaissance dont il a conquis le droit; c'est là une loi naturelle pour tout initié. Mais une autre loi, tout aussi naturelle, prescrit de ne livrer aucun secret à qui ne s'est pas préparé pour le recevoir. Un initié est d'autant plus accompli qu'il observe plus rigoureusement ces deux lois. Le lien spirituel qui unit tous les initiés n'a rien d'extérieur; mais ces deux préceptes constituent de solides attaches qui unissent entre eux les maillons de ce lien. Vous pouvez être l'ami intime d'un initié; vous serez séparé de lui tant que vous ne serez pas initié vous-même. Vous pouvez jouir de toute son affection, il ne vous confiera son secret que quand vous serez mûr pour l'accueillir. Vous pouvez le flatter, le torturer; rien ne le décidera à trahir une parcelle de ce qu'il ne doit pas vous livrer parce que, au degré de développement où vous vous trouvez, cette révélation n'éveillerait pas encore dans votre âme la résonance juste.

Les voies qu'il faut parcourir pour acquérir la maturité qu'exigent ces révélations sont établies d'une manière précise. Elles ont été tracées d'avance, en caractères éternels et ineffaçables, dans les mondes spirituels où les initiés veillent sur les mystères suprêmes. Dans les anciens âges, qui ont précédé les temps historiques, les hommes pouvaient encore voir extérieurement les temples de l'esprit. Aujourd'hui, la vie humaine ayant perdu sa spiritualité, ces temples ne sont plus visibles à nos yeux. Mais ils existent partout sous une forme spirituelle et quiconque les cherche peut les trouver.

L'homme ne découvrira qu'en lui-même le moyen de faire parler un initié. S'il porte certaines qualités intérieures jusqu'à un degré déterminé de développement, il pourra prendre sa part des trésors de la sagesse.




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