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L'Initiation

L'Initiation: Questions Prealables

On-line since: 17th July, 2006

QUESTIONS PREALABLES

LES MONDES SUPÉRIEURS DONT ON PARLE EXISTENT-ILS VRAIMENT ?

Se demander si l'esprit existe, c'est déjà lui faire une place dans sa pensée.

Reste à savoir si l'on ressent cette place comme un vide ou comme une plénitude, c'est-à-dire un réel, — bien sûr un réel autre que celui qui physiquement nous entoure, mais réel.

En ce dernier cas, l'admettre pose une question de foi ... Une question de mots également. Car l'athée qui ne croit pas dans le Dieu des traditions peut croire à un système, à une idéologie, par exemple au progrès indéfini de l'humanité. En cela il est un homme de ferveur, un croyant qui a simplement changé l'objet de sa foi.

Au fond, chacun complète à sa manière un monde physique qui ne nous suffit pas parce qu'il n'explique ni ce qu'il est, ni qui nous sommes. Ce complément supraphysique est fait de tout ce qui manque ici-bas mais que nous sommes capables de concevoir, de désirer et même d'aimer le plus chèrement au monde. Au terme de la quête toujours entreprise par l'Homme pour se connaître et mieux se réaliser, quand le seuil du monde sensible est franchi, alors commencent les « mondes supérieurs ».

A QUOI SERT LA CONNAISSANCE DES MONDES SUPÉRIEURS ?

Elle sert à vivre plus pleinement dans les réalités du monde physique.

Il n'est pas besoin de s'évader de cette terre pour connaître l'esprit. Une connaissance intégrale de l'Homme sur terre exige l'alliance de l'esprit et du corps. Il en est de même pour la connaissance du monde. Car, si l'on étudie les harmonies spirituelles, on découvre que les lois auxquelles elles obéissent donnent au monde de la matière, formes, structures, rythmes et fonctions. Connaître les unes fournit la clé des autres. La table des correspondances apparaît. Une science qui ne cerne que la matérialité des phénomènes est forcée d'inventer le hasard pour couvrir son refus des causes; elle se frustre de l'essentiel.

Une nouvelle « science de l'esprit » est née qui veut appliquer la rigueur des méthodes scientifiques à l'étude des phénomènes suprasensibles, au moyen d'organes et d'expériences de nature également suprasensible. Dans les laboratoires où cette recherche est poursuivie, les résultats obtenus sont reconnus en science pure et en applications pratiques, telles que la médecine, l'agriculture. Elle ne s'arrête pas à la guérison des sols et des organismes. Par exemple, elle inspire un « art de l'éducation » qui aide l'enfant à trouver sa place dans un univers dont il découvre les dimensions multiples, — une « science de l'âme » qui apprend aux désemparés à récupérer leur énergie créatrice, aux marginaux à découvrir, dans de nouvelles relations sociales, une identité fraternelle d'aspiration avec leurs semblables.

La connaissance de l'esprit se révèle en tous domaines féconde pour la vie de l'homme sur terre.

SI LE MONDE DE L'ESPRIT EXISTE, COMMENT ÉTABLIR LE CONTACT AVEC LUI ?

Une parcelle divine de ce réel supraphysique est enfouie dans les profondeurs de l'être humain. Elle attend, sans que nous ayons conscience de sa présence muette, d'être extraite à l'heure voulue par la libre décision de l'individu, pour devenir organe de connaissance suprasensible. Elle peut stagner au fond de l'inconscient comme une rumeur sourde, un appel étranglé, et nous pouvons rester longtemps à la surface de nous-même sans ressentir autre chose qu'une inquiétude sans cause, un désarroi sans raison. Mais un jour vient où cette parcelle divine veut être reconnue pour ce qu'elle est, — l'essentiel. Elle ne se contente plus d'approches infructueuses etsi les conditions sont alors favorables, — elle affleure à la conscience et en raison même de son essence surnaturelle elle peut se muer en instrument de connaissance. Comme l'œil est rendu transparent par la lumière et pour la lumière, comme l'oreille est modelée en forme de conque par le son et pour le son, c'est la parcelle divine issue de l'esprit qui rend l'être humain conscient que l'esprit vit en lui et dans le monde. Une œuvre de libération est alors entreprise pour enrichir cette tendance en puissance, l'épanouir. Cette entreprise est précisément celle que décrit le petit livre qu'on vient d'ouvrir.

ÉCRIT AU DÉBUT DE CE SIÈCLE, CE LIVRE EST-IL ENCORE VALABLE A NOTRE ÉPOQUE ?

Ce qui résulte d'une vision authentique des faits ne tombe jamais en désuétude. L'entraînement décrit ici est une base fondamentale à laquelle l'auteur s'est référé tout le reste de sa vie. Certes il l'a reprise sous des formes diverses, apportant un complément indispensable à qui veut apprécier l'œuvre dans son ensemble. Ce livre n'en reste pas moins la substructure de toute l'anthroposophie (sagesse consciente de l'homme) qui s'est édifiée par la suite. De même l'entraînement qu'il décrit, avec les implications morales sur lesquelles il insiste, demeure pour l'auteur la condition sine qua non d'une juste approche de l'esprit.

A mesure que le lecteur approfondira l'œuvre de Rudolf Steiner, il remarquera que le vocabulaire employé ici a été abandonné par la suite. La raison en est simple: ce livre fut écrit à l'époque où l'auteur, dans les débuts de son enseignement, répondait à l'appel des « théosophes » imprégnés de culture orientale. Rudolf Steiner a donc traduit ses propres visions en des termes qui étaient familiers à ce public afin de mieux se faire comprendre de lui. De là vient par exemple l'expression « fleur de lotus » pour désigner les centres d'activité des corps suprasensibles. La traduction française a naturellement respecté ces expressions malgré leur orientalisme auquel l'auteur renonça par la suite. Non pas qu'il se soit jamais distancé de la Sagesse orientale qui est la mère irréfutable de la plus haute tradition rattachant l'humanité à ses origines célestes; mais parce que lui-même devait inaugurer la « nouvelle initiation » qui doit dorénavant partir directement de l'homme lui-même, — cet homme qui fait l'apprentissage d'un Moi libre imprégné du modèle que le Christ a introduit dans l'évolution au tournant de notre ère.

Un même souci de fidélité au style de l'auteur nous a fait rejeter une modernisation abusive du langage qui aurait pu créer des équivoques. La langue évolue vite, les mots changent de sens, mais ces glissements se font sous la pression de nouveautés qui font irruption dans nos mœurs et bouleversent nos mentalités: technique, sport, voiture, avion, transports ... Ce modernisme aurait affublé le texte d'un vêtement pas à sa mesure. Nous avons préféré réviser soigneusement la traduction existante pour que transparaisse autant que faire se peut un texte qui nous paraît devoir rester un « classique » du développement spirituel.




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